MUSÉEHÉBERT
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LEMUSéE


Le musée Hébert de La Tronche est un musée un peu à part : à l’abri de ses murs, ce domaine de deux hectares et demi a su se protéger du temps. La  maison de l’artiste a conservé l’esprit des lieux et le caractère intimiste d’une maison de famille. Le jardin, entre ombre et lumière, est encore imprégné des souvenirs italiens de l’artiste. Le musée a, dès son ouverture en 1979, affiché une double orientation : favoriser une meilleure connaissance de l’art du XIXe siècle à travers les collections du peintre Ernest Hébert (1817-1908) et promouvoir la présentation d’artistes contemporains, jeunes ou confirmés.

Les salles de présentation permanente déclinent par thèmes la longue carrière de l’artiste à travers ses œuvres et celles de ses amis. Elles illustrent l’académisme, dont on redécouvre maintenant la complexité et l’importance et nous renseigne sur l’art officiel. Inscrit entre le romantisme d’Eugène Delacroix et le symbolisme de Gustave Moreau, Hébert ouvre la voie à une connaissance plus approfondie des mouvements esthétiques du XIXe siècle.

 

Le peintre

Ernest Hébert (1817-1908) après une formation classique à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris où il remporte le Grand Prix de Rome de Peinture d'histoire, accède à la notoriété avec "La Malaria " présenté au Salon en 1850. Une belle carrière s’ouvrant à lui, il partage son temps entre la France et l’Italie, où il fut par deux fois directeur de l’Académie de France à Rome (1867-1873 et 1885-1890). Très vite il devient un portraitiste recherché de la haute société parisienne du second Empire et de la troisième République, dont il fréquentait les salons. Hébert sait dégager la poésie et l’âme secrète de ses modèles féminins. Mais c’est en Italie qu’il trouve ses sujets de prédilection en peignant des scènes paysannes empreintes d’un réalisme mélancolique. On lui doit le projet pour la mosaïque de l’abside du Panthéon inaugurée en 1884.

 

Le musée

Il propose, dans un parcours chronologique et thématique, l’œuvre d’Hébert, les peintures et les sculptures de ses amis ou de ses élèves. Sont abordés les années de formation, la vie de pensionnaire de la Villa Médicis, les séjours en Italie et les deux directorats, la carrière parisienne.

L'atelier, reconstitué, a retrouvé sa vocation.

Les nombreux dessins de la collection sont présentés par rotation dans le cabinet des dessins aménagé dans une des chambres de la maison (1er étage).

 

La maison

La présentation reconstitue l'atmosphère de vie du peintre, son mobilier et ses souvenirs - dont le salon de Laetitia Bonaparte restauré. Les très belles fresques du XVIIe mises au jour au cours des travaux évoquent l’histoire ancienne de la maison.

Les nombreux témoignages de ses maîtres, David d’Angers, Delaroche, de ses amis pensionnaires de l’Académie de France à Rome, Gounod, Regnault, de ses protecteurs, Théophile Gautier ou la princesse Mathilde, qu’il y a laissé, évoquent sa carrière en même temps qu’ils donnent l’ambiance d’un siècle foisonnant.

 

Les jardins

En marge de la vie urbaine, le parc du musée a su garder, avec ses allées ombragées, ses charmilles en tonnelles et ses bruissements d'eau, le souvenir et le charme du "jardin secret" de l'artiste.

Il a reçu en 2004 le label « jardin remarquable » récemment créé par le Ministère de la culture et de la communication.

Une reconnaissance pour la qualité et le charme de ce jardin, dont la richesse tient autant à ses origines (XVIIe et XVIIIe siècle), qu’à son réaménagement par le peintre Ernest Hébert et sa femme Gabrielle. L’association des espaces réguliers à l’italienne et du parc paysager à l’anglaise, les éléments antiques et les nombreux bassins évoquant les jardins de la villa Médicis à Rome font l’originalité de ce domaine ouvert gratuitement au public.