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LES EXPOSITIONS

Vincent Gontier

Étudiant à l’École des beaux-arts de Rouen, Vincent Gontier est encore à la recherche de son expression quand, au hasard d’une promenade sur les rives de la Seine, son regard bute sur une étrange masse abandonnée au bord de l’eau, une liasse ficelée de prospectus publicitaires. Détrempées, les feuilles ne forment plus qu’un tas, une pâte gorgée d’eau prête à s’affranchir de ses liens. Il récupère le magma, le sèche, et décide de le montrer tel quel à la manière d’un ready made. Mais au-delà d’une allusion astucieuse à l’avant-garde artistique du début du XXe siècle, le jeune sculpteur a trouvé son matériau idéal. Et l’amorce d’une oeuvre à venir : il utilisera désormais des accumulations de papier, qu’il mouillera, les usant artificiellement puis sciant leur masse pour obtenir un volume autonome. Le vieillissement de la matière et les ligatures s’affirment essentiels dans ces réalisations très plastiques. Marqué par le Constructivisme des années 1920, dont il apprécie l’emploi de matériaux pauvres et les formes épurées géométriques, il en viendra très vite à associer l’acier au papier imprimé. Remplaçant les premiers liens, plus fins, le métal structure désormais ses oeuvres avec force et sobriété.

Avec les barques, Vincent Gontier s’approprie un objet emblématique des Maoris en y incorporant une dimension littéraire. Elles deviennent une invitation au rêve et à une lecture poétique. Longtemps contenus dans la densité du papier, les mots ressurgissent ici, dans ces esquifs où on ne les attendait pas. Après les témoignages maoris inscrits sur les montants des deux premières, des bribes de textes littéraires – Rimbaud, Verlaine, Kafka, Miller, Vian, etc. – seront ajourés dans le métal des suivantes, laissant percer son goût pour l’écriture et la littérature. En les dressant aujourd’hui dans les jardins du musée, autour d’une mappemonde, tel un sanctuaire, il leur confère un statut d’icône sacrée.

Jours de soleil, nom d’une série de « Dessins brulés », résultant des récentes recherches de l’artiste, donne son titre à cette exposition, témoin du dernier stade de sa relation avec le papier. Avec ces dessins inédits, Vincent Gontier restitue au journal sa fonction d’information initiale : la feuille mise à plat s’ouvre à la lecture.

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